Dans son sermon du 28 janvier 2022, Sa Sainteté le Calife a présenté divers récits sur le calife Abou Bakr (r.a.).

Sermon du vendredi 28 janvier 2022, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais le Calife Abou Bakr (r.a.) et je le mentionnerai [de nouveau] aujourd’hui. Voici les récits à propos de la Ghazwah de Hamra Al-Asad. Le samedi, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) est revenu d’Ouhoud ; et à l’aube du dimanche, Bilal a lancé l’appel à la prière et s’est assis pour attendre la sortie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’est alors qu’Abdoullah Ibn ‘Amr Ibn ‘Awf Al-Mouzani est venu à la recherche du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Quand celui-ci est sorti, Abdoullah l’a informé qu’il revenait de chez lui. Il était passé à Malal où les Qouraychites étaient campés. Malal est situé à 28 kilomètres de Médine sur la route menant à La Mecque. Il y a entendu Abou Soufyan et ses amis se dire : « Vous n’avez rien accompli ! Vous avez blessé les musulmans et les ont fait souffrir pour ensuite les abandonner, sans les détruire. Parmi ces musulmans se trouvent encore d’illustres individus qui se réuniront pour vous combattre. Retournez, afin que nous puissions exterminer ceux sont encore vivants parmi eux ! »

Safwan Ibn Oummayah, présent parmi les mécréants, les a retenus et leur a dit : « Ô mon peuple ! N’agissez pas de la sorte. Ces gens se sont battus et j’ai peur que ceux d’entre eux qui n’avaient pas pris part à la bataille participeront au combat contre vous. Rentrez chez vous, car vous avez remporté la victoire. Si vous livrez bataille, j’ai bien peur que vous ne soyez vaincus. » Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a convoqué Abou Bakr (r.a.) et ‘Oumar (r.a.) et leur a parlé de l’information apportée par ce compagnon Mouzani. Tous deux ont déclaré : « Ô Envoyé d’Allah ! Poursuivons l’ennemi afin qu’il n’attaque pas nos enfants ! » Après ses prières du matin, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a invité les fidèles et a dit à Bilal d’annoncer : « l’Envoyé d’Allah (s.a.w) vous ordonne de poursuivre l’ennemi. Seuls partiront ceux qui avaient pris part à la bataille d’Ouhoud la veille ». Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé qu’on lui apporte son étendard qui était plié depuis la veille et qu’on n’avait pas encore ouvert. Il l’a confié à ‘Ali. Selon d’autres il l’aurait confié à Abou Bakr (r.a.).

Quoi qu’il en soit, lorsque ce groupe de musulmans est arrivé à Hamra Al-Asad, soit à 12 kilomètres de Médine, les polythéistes ont pris peur et, abandonnant leur intention d’attaquer Médine, ils sont rentrés à La Mecque.

La Ghazwah des Banou Nadhir a eu lieu en l’an 4 de l’Hégire. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) s’est rendu chez les Banou Nadhir avec un petit groupe de compagnons. Il existe plusieurs récits sur les raisons de sa visite. Selon un récit, il s’y était rendu pour collecter le prix de sang de deux tués de la tribu des Banou ‘Amir. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) était accompagné d’environ dix compagnons dont Abou Bakr (r.a.), ‘Oumar (r.a.) et ‘Ali (r.a.). Une fois sur place, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a parlé du paiement. Les Juifs ont répondu : « Oui, ô Aboul Qasim ! Veuillez manger d’abord et ensuite nous réglerons l’affaire. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était assis adossé à un mur. Les juifs ont comploté entre eux et se sont dit : « Nous n’aurons pas de meilleur occasion pour le tuer. Qui montera sur cette maison et fera tomber une pierre sur lui afin de nous débarrasser de lui ? » ‘Amr Ibn Jahach, un chef juif, a soutenu l’idée et a déclaré : « Je suis prêt pour cette mission. » Mais Salam Ibn Michkam, un autre chef juif, a immédiatement condamné cette action en disant : « Ne le faites surtout pas ! Par Dieu ! Il sera certainement informé de vos intentions. C’est là de la traîtrise de notre part. Nous avons conclu un accord avec lui. »

Quand l’assassin est arrivé sur le toit pour lâcher la pierre sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), Dieu l’a averti du complot des juifs. Il s’est immédiatement levé, laissant là-bas ses compagnons, et il est parti comme s’il avait quelque tâche à accomplir. Il s’est dépêché de retourner à Médine. En arrivant à Médine, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a envoyé Muhammad Ibn Maslamah chez les Banou Nadhir et leur a donné le message : « Sortez de ma ville, Médine. Vous ne pouvez plus vivre dans ma ville et votre plan était une trahison. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a offert aux Juifs un répit de dix jours, mais ils ont refusé et ont dit qu’ils ne quitteraient jamais leur terre. Suite à ce message, les musulmans ont commencé à se préparer pour la guerre. Quand tous les musulmans se sont réunis, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) est sorti pour affronter les Banou Nadhir. ‘Ali a hissé le drapeau de la guerre. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a assiégé leurs forts et personne n’est venu à leur aide. Le Prophète (s.a.w.) a marché vers les Banou Nadhir et vers l’heure de la prière d’Icha, il est rentré chez lui avec dix de ses compagnons. En cette occasion, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) avait remis le commandement de l’armée islamique à ‘Ali. Selon un autre récit, cet honneur avait été conféré à Abou Bakr (r.a.). L’Envoyé d’Allah (s.a.w) les a durement assiégés et Allah a suscité la peur des musulmans dans les cœurs des Juifs ; et finalement ils ont demandé au Messager d’Allah (s.a.w.) de leur permettre de s’exiler, à condition qu’ils soient autorisés à transporter toutes les marchandises pouvant être chargées sur des chameaux, à l’exception des armes. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a accepté leur condition et leur requête. Selon un récit, il les a assiégés pendant quinze jours : d’autres récits présentent une différence dans le nombre de jours.

Avec la permission des Ansâr, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a distribué tout le butin pris des Banou Nadhir parmi les Emigrants. Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « Ô communauté des Ansâr ! Qu’Allah vous accorde la meilleure des récompenses ! »

La Ghazwah de Badr al-Maw’id à eu lieu en l’an quatre de l’Hégire. Voici la raison de cette expédition. Quand Abou Soufyan Ibn Harb revenait de la bataille d’Ouhud, il a annoncé : « Nous nous rencontrerons à Badr Al-Safra l’année prochaine et nous y livrerons bataille. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a dit à ‘Oumar Al-Farouq : « Réponds-lui : « Oui, incha’ Allah ! » Sur ce, ils se sont séparés. Les Qouraychites sont revenus et ont parlé à leur peuple de cette promesse. Badr est un puits bien connu entre La Mecque et Médine, situé entre la vallée de Safra et Jar. Badr est situé à une distance de 150 km au sud-ouest de Médine.

À l’époque dite de l’ignorance, on y organisait tous les ans une foire pendant huit jours à partir du premier du mois de Dhou’l-Qa’dah. Or, quand les jours de la promesse approchaient, Abou Soufyan était réticent de partir à la rencontre de l’Envoyé d’Allah (s.a.w). Il commençait à ressentir de la peur. Il ne souhaitait tout simplement pas le confronter à ce moment-là. Abou Soufyan laissait croire qu’il se préparait à attaquer avec une grande armée afin d’en répandre la nouvelle parmi habitants de Médine. Il voulait diffuser cette nouvelle dans tous les coins de l’Arabie afin d’apeurer les musulmans. Selon un récit, Abou Bakr et ‘Oumar se sont présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ont déclaré : « Ô Messager d’Allah ! Allah fera prévaloir Sa religion et honorera Son Prophète (s.a.w.). Nous avons fait une promesse à la nation et nous n’aimerions pas la rompre. Les mécréants nous considéreront des lâches. Partons en accord à la promesse. Par Dieu ! Il s’y trouve définitivement du bien. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a été très heureux d’entendre ces sentiments. Quand il a appris la nouvelle de la préparation de l’armée d’Abou Soufyan, il a nommé ‘Abdoullah Ibn Rawaha comme émir de Médine en son absence. Selon un autre récit, il aurait nommé ‘Abdoullah Ibn Oubay Ibn Saloul comme émir et, ayant offert son drapeau à ‘Ali, il est parti pour Badr avec les musulmans. Il était accompagné de quinze cents musulmans. Ces derniers ont fait du commerce lors de la foire de Badr et ils ont réalisé de grands profits. Ils sont retournés à Médine après un séjour de huit jours.

Les musulmans ont donc fait du commerce lors de la foire. Ils étaient prêts à livrer bataille si nécessaire. Mais s’il n’y avait pas de bataille, ils pourraient au moins faire du commerce et c’est ainsi que les musulmans ont pu réaliser de grands profits.

Voici de plus amples détails sur le défi lancé, après la bataille d’Ouhoud, par Abou Soufyan aux musulmans, leur demandant de les rencontrer de nouveau l’année suivante. Ces détails sont présentés par Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib. Il écrit :

« Après la bataille d’Ouḥoud, en rentrant du champ de bataille, Abou Soufyan a défié les musulmans, disant qu’ils se rencontreraient à nouveau l’année suivante à Badr ; et le Saint Prophète (s.a.w.) a accepté ce défi. Ainsi, l’année suivante, soit en l’an quatre de l’Hégire, à la fin du mois de Chawwal, le Saint Prophète (s.a.w.) sortit de Médine avec une force de 1 500 compagnons et désigna ‘Abdoullah Ibn ‘Abdillah Ibn Oubayy comme émir en son absence. Abou Soufyan Ibn Harb est lui aussi parti de La Mecque avec une armée de Qouraychites, composée de 2 000 hommes. Cependant, malgré la victoire à Ouhoud et une force de cette taille, il était craintif ; et même s’il avait voué de détruire l’islam, il souhaitait ne pas affronter les musulmans jusqu’à ce qu’il pût rassembler une force plus importante. Ainsi, il était toujours à La Mecque quand il avait dépêché un homme du nom de Nou’aym, qui appartenait à une tribu neutre, vers Médine et lui avait vivement recommandé d’intimider et de menacer les musulmans, en fabriquant des histoires pour les empêcher de partir pour la bataille. Par conséquent, cet individu était venu à Médine et avait raconté de fausses histoires sur la préparation, la force, le zèle et la fureur des Qouraychites, créant un état d’agitation à Médine. Il eut du succès au point que ceux qui étaient faibles [de foi] craignaient de prendre part à la bataille. Cependant, le Saint Prophète (s.a.w.) avait encouragé les musulmans à sortir et, dans son discours, avait déclaré : « Nous avons déjà accepté le défi des mécréants et nous avons promis d’être présents à cette occasion. Par conséquent, nous ne pouvons pas revenir en arrière. Même si je dois y aller seul, j’irai et je me tiendrai face à l’ennemi. »

En conséquence, la peur des gens s’était envolée et ils s’étaient préparés à partir en compagnie du Saint Prophète (s.a.w.) pleins de zèle et de sincérité. Quoi qu’il en soit, le Saint Prophète (s.a.w.) est parti de Médine avec 1500 compagnons, tandis qu’Abou Soufyan est sorti de La Mecque avec ses 2000 guerriers. Cependant, la puissance de Dieu était telle que bien que les musulmans atteignirent Badr conformément à leur promesse, l’armée des Qouraychites quant à elle s’est déployée à une certaine distance pour ensuite rentrer à La Mecque. On raconte que, quand Abou Soufyan a appris l’échec de Nou’aym – qu’il avait envoyé pour effrayer les musulmans – il a pris peur et il est rentré avec son armée en disant à ses soldats : « Cette année-ci, la famine fait des ravages et les gens font face à des difficultés financières. Par conséquent, il n’est pas sage de se battre dans ces conditions. Nous allons attaquer Médine après une plus grande préparation quand nous connaîtrons l’abondance. » L’armée musulmane est restée à Badr pendant huit jours. Or, tous les ans, au début du mois de Dhou’l-Qa’dah, il s’y tenait une foire, comme mentionné auparavant. De nombreux compagnons [en ont profité pour] y faire du commerce et ont pu générer des profits importants. En fait, au cours de cette entreprise de huit jours, ils ont pu multiplier par deux leur capital initial. Lorsque la foire a pris fin et que l’armée des Qouraychites n’est pas arrivée, le Saint Prophète (s.a.w.) a quitté Badr et il est retourné à Médine. Les Qouraychites sont rentrés à La Mecque et ont commencé à se préparer pour une attaque sur Médine. Cette expédition militaire est connue sous le nom de la Ghazwah de Badr al-Maw’id. »

La bataille contre les Banou Moustaliq a eu lieu au cours du mois de Cha’ban en l’an cinq de l’Hégire. On dit que la Ghazwah des Banou Moustaliq est également connue sous le nom de Ghazwat Al-Mouraysî’. Les Banou Moustaliq étaient une branche de la tribu Khouza’ah. Cette tribu vivait près d’un puits qui s’appelait Al-Mouraysî’, situé à une journée de voyage de Faru’ah, qui est situé à environ 150 kilomètres de Médine.

Selon le ‘Allamah Ibn Ishaq, la bataille contre les Banou Moustaliq a eu lieu en l’an 6 de l’Hégire, tandis que selon Mousa Ibn ‘Ouqaba, elle a eu lieu en l’an 4. Al-Waqidi déclare que cette bataille a eu lieu au cours du mois de Cha’ban en l’an 5 de l’Hégire. Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib l’a noté sous l’an 5 de l’Hégire.

En tout cas, quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a su que la tribu des Banou Moustaliq avait l’intention d’attaquer les musulmans, il est parti à leur rencontre avec sept cents compagnons au cours du mois de Cha’ban en l’an 5 de l’Hégire. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a remis le drapeau des Mouharijine à Abou Bakr (r.a.). Selon un autre récit, il a remis ce drapeau à ‘Ammar Ibn Yasir et le drapeau des Ansâr à Sa’d Ibn ‘Oubadah.

Voici les détails concernant l’incident de l’Ifk ou la Grande Calomnie. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est retourné de l’expédition contre les Banou Moustaliq, les hypocrites ont lancé des accusations contre ‘Aïcha, la fille d’Abou Bakr (r.a.). Cet événement est connu comme l’incident de l’Ifk dans l’histoire. Le recueil d’Al-Boukhari relate le récit d’Aïcha (r.a.). J’avais déjà présenté ce récit lorsque j’évoquais un autre compagnon. Mais il est important de le mentionner [de nouveau] en référence à Abou Bakr (r.a.).

‘Aïcha (r.a.) relate : « Chaque fois que le messager d’Allah (s.a.w.) avait l’intention de partir en voyage, il tirait au sort parmi ses femmes et il prenait avec lui celle sur laquelle le sort était tombé. Il a tiré au sort parmi nous avant de partir au combat. Le sort est tombé sur moi et je l’ai accompagné. À l’époque, le commandement sur le port du voile avait été révélé. J’ai été transportée [à dos de chameau] dans mon howdah (palanquin) et on me descendait de la monture [alors que je me trouvais à l’intérieur]. Nous avons poursuivi notre voyage et le messager d’Allah (s.a.w.) a terminé sa Ghazwah ; puis il est rentré. Lorsque nous nous sommes approchés de la ville de Médine, il a annoncé la nuit qu’il était l’heure de partir. Quand on a annoncé la nouvelle du départ, je me suis levée et je suis partie avant l’armée.

Après avoir satisfait un besoin naturel, je suis retournée vers ma monture. J’ai alors placé ma main sur ma gorge et j’ai constaté qu’il me manquait mon collier de perles de Zifar. Je suis retournée le chercher et ma quête m’a retenue. (Entre-temps) les gens qui me plaçaient sur mon chameau sont venus ; ils ont pris mon howdah et l’ont mis sur mon chameau car ils croyaient que j’étais dedans. À cette époque, les femmes étaient légères, car elles ne grossissaient pas et la chair ne couvrait pas leur corps en abondance, car elles ne mangeaient que peu de nourriture. Les chameliers n’ont pas fait attention à la légèreté du howdah lorsqu’ils l’ont soulevé ; et à cette époque j’étais encore une jeune fille. Ils ont fait avancer le chameau et ils sont tous partis (avec lui). J’ai retrouvé mon collier après le départ de l’armée. Ensuite, je suis retournée à leur emplacement, mais je n’y ai trouvé personne. J’ai décidé de rebrousser chemin jusqu’à l’endroit où j’étais campée, pensant qu’ils ne me trouveront pas et reviendront me chercher. Assise, je me suis assoupie, puis endormie. Or, Safwan Ibn Al-Mouattal Al-Soulami Al-Dhakwani était derrière l’armée. Lorsqu’il est arrivé dans mon camp dans la matinée, il a vu la silhouette d’une personne endormie et m’a reconnue – étant donné qu’il m’avait vue avant [la révélation du] commandement sur le port du voile. Je me suis réveillée quand il a récité « Inna lil-lahi wa inna ilayhi raji’oun » dès qu’il m’a reconnue.

Il est descendu de son chameau et l’a fait s’agenouiller ; et je suis montée sur l’animal. Il a pris les rênes et nous sommes partis. Nous avons rejoint l’armée quand elle était à l’arrêt pour une pause à la mi-journée. (Suite à l’événement), certains se sont voués à la destruction. ‘Abdoullah Ibn Oubayy Ibn Saloul était l’auteur de cette calomnie.

Après notre retour à Médine, j’ai été malade pendant un mois. Les gens répandaient entretemps la calomnie. Mais durant ma maladie, la chose qui m’inquiétait était que le messager d’Allah (s.a.w.) ne faisait pas montre de la même gentillesse que [celle qu’il montrait] quand je souffrais généralement. Le messager d’Allah (s.a.w.) entrait, saluait et demandait : « Comment vas-tu ? » J’ignorais tout de cette calomnie. Je ne l’ai découverte que lorsque je suis sortie après ma convalescence. Je suis partie avec Oumm Mistah à Al-Manasi, où nous avions l’habitude de répondre à l’appel de la nature. Nous ne sortions que la nuit et c’était avant que nous ayons des toilettes près de nos maisons.  À l’instar des Arabes du passé, nous partions [loin de nos maisons] en plein air pour nous soulager. Ainsi, Oumm Mistah, fille d’Abou Rouhm et moi-même étions en cours de route quand elle a trébuché en marchant sur son voile. Elle s’est exclamée : « Qu’il soit détruit ce Mistah ! » J’ai demandé : « Tes paroles sont dures ! Maudis-tu quelqu’un qui a pris part à la bataille de Badr ? » Sur ce, elle a commenté : « Ô fille naïve ! N’as-tu pas entendu la calomnie colportée par les gens ? » Puis elle me l’a racontée. Mon malaise s’est aggravé et lorsque je suis rentrée, le Messager d’Allah (s.a.w.) est venu chez moi et après m’avoir salué il a dit : « Comment vas-tu ? » J’ai répondu : « Donnez-moi la permission de partir chez mes parents. » Je voulais être sûr de la nouvelle par leur intermédiaire. Le Prophète d’Allah m’a permis de partir et j’ai demandé à ma mère : « De quoi parle-t-on donc ? » Elle a répondu : « Ô ma fille ! Ne t’inquiète pas. Par Allah ! Toute femme charmante aimée de son mari et qui a des co-épouses est calomniée. » J’ai répondu : « Saint est Allah ! Est-ce que les gens parlent vraiment de cette façon ? » J’ai pleuré cette nuit-là jusqu’à l’aube ; je ne pouvais ni arrêter de pleurer, ni dormir. Lorsque la révélation divine a tardé, le messager d’Allah (s.a.w.) a appelé ʻAli Ibn Abi Talib et Ousama Ibn Zayd pour les consulter sur le divorce. Ousama Ibn Zayd a donné des conseils en accord à ce qu’il savait. Il connaissait la relation entre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ‘Aïcha. Il savait aussi que cette dernière était une femme pieuse. Ousama a déclaré : « Ô messager d’Allah ! Elle est votre femme et nous n’avons vu que le bien chez elle. »

‘Ali Ibn Abi Talib a déclaré quant à lui : « Ô messager d’Allah (s.a.w.) ! Allah ne vous met pas en difficulté. D’ailleurs il y a beaucoup d’autres femmes. Mais demandez à sa servante qui vous dira la vérité. »

Sur ce, le messager d’Allah (s.a.w.) a appelé Barira et lui a demandé : « As-tu déjà vu quelque chose de suspect chez ‘Aïcha ? » Barira lui a répondu : « Par Allah ! Rien de la sorte. Je jure par Celui Qui vous a envoyé avec la vérité ! Son seul défaut est qu’elle est une jeune fille insouciante et qui s’endort [souvent], en laissant la pâte exposée aux chèvres domestiques qui viennent la manger. »

Ce jour-là, le messager d’Allah (s.a.w.) du haut de sa chaire, s’est plaint d’Abdoullah Ibn Oubayy Ibn Saloul, en disant: « Qui me soulagera de cet homme qui m’a blessée en s’attaquant à ma femme ? Par Allah, je n’ai vu que le bien en elle. Et ils ont blâmé un homme dont je ne connais rien d’autre que le bien. Il ne rentrait jamais chez moi, sauf en ma compagnie. »

Sa’d Ibn Mou’adh, s’est levé et a dit : « Ô Messager d’Allah (s.a.w.) ! Je vous vengerai. S’il appartient à la tribu d’Al-Aws, je lui trancherai la tête, et s’il vient de nos frères, c’est-à-dire d’Al-Khazraj, alors sachez que nous exécuterons votre commande. » Sur ce, Sa’d Ibn ‘Oubadah, le chef d’Al-Khazraj, s’est levé. Il était un brave homme mais la fierté de sa tribu l’avait enflammé. Il a dit : « Par Allah, tu as menti ! Tu ne voudras pas le tuer et tu ne vas pas le faire ! »

Une dispute a éclaté entre les tribus.

Ousayd Ibn Houdayr dit à Sa’d Ibn ‘Oubadah : « Par Allah ! Tu es un menteur ! Nous allons certainement le tuer. Tu es un hypocrite qui te disputes pour le compte des hypocrites ! »

Les membres des deux tribus d’Al-Aws et d’Al-Khazraj étaient tellement excités qu’ils étaient sur le point de se battre. Le Messager d’Allah (s.a.w.) se tenait sur sa chaire. Il en est descendu et les a calmés jusqu’à ce qu’ils se taisent et lui aussi a cessé de parlé. »

‘Aïcha a eu connaissance de toute l’histoire. Elle ajoute : « Ce jour-là, j’ai continué à pleurer et je ne pouvais pas dormir. Au matin, mes parents étaient avec moi et j’ai pleuré pendant deux nuits et une journée pensant que mon foie éclaterait à cause des larmes. Mes parents étaient assis avec moi et je pleurais, quand une femme des Ansâr m’a demandé l’autorisation d’entrer. Je lui ai permis de le faire. Elle s’est assise et a commencé à pleurer avec moi.

Pendant que nous étions dans cet état, le messager d’Allah (s.a.w.) est venu et s’est assis. Or, il ne s’était jamais assis à côté de moi depuis le jour de la calomnie : il venait et demandait aux autres comment je me portais. Un mois s’était écoulé depuis la calomnie et il n’avait reçu aucune révélation divine concernant mon cas. L’Envoyé d’Allah a récité le Tachah-houd puis a dit : « Ô ‘Aïcha ! J’ai entendu cette nouvelle à propos de toi. Si tu es innocente, bientôt Allah le révélera. Si tu as commis un péché, repens-toi et demande pardon à Allah. Si l’on avoue ses péchés et l’on demande pardon à Allah, Il fait preuve de clémence. » Lorsque le messager d’Allah a terminé son discours, mes larmes ont cessé entièrement de couler. J’ai dit à mon père : « Répondez au messager d’Allah (s.a.w.) en mon nom. » Mon père a dit : « Par Allah, je ne sais pas quoi dire au messager d’Allah (s.a.w.) ! ». Puis j’ai dit à ma mère : « Répondez en mon nom au messager d’Allah (s.a.w.) ! » Elle a déclaré : « Par Allah, je ne sais pas quoi dire au messager d’Allah (s.a.w.) ! »

Malgré ma jeunesse et mon ignorance du Coran, j’ai déclaré : « Par Allah ! Je sais que vous avez entendu des propos diffamatoires qui se sont implantés dans vos esprits et vous croyez que c’est vrai ! Si je vous dis que je suis innocente, vous ne me croirez pas. Allah sait que je suis innocente. Il y a eu tant de rumeurs à ce sujet qu’on ne me croirait pas ! Si j’avoue [être coupable] vous me croirez sûrement tandis qu’Allah sait que je suis innocente. Par Allah, mon cas ressemble à celui du père de Joseph qui a dit aux frères de Joseph : « Aussi, je ferai preuve d’une patience bienséante. Et c’est seulement Allah dont l’aide doit être invoquée contre ce que vous affirmez. » Puis je me suis éloignée, retournant vers mon lit, tout en espérant qu’Allah dévoilerait mon innocence. Mais, par Allah, je n’ai jamais cru qu’Allah révélerait des versets à mon propos car je me considérais trop indigne pour être mentionnée dans le Coran. Mais j’espérais que le Messager d’Allah (s.a.w.) ferait un songe dans lequel Allah prouverait mon innocence. Or, par Allah, avant que le messager d’Allah (s.a.w.) n’ait quitté son siège et avant que les membres de la famille ne soient partis, il a reçu une révélation. Il passait, en ces moments-là, dans un état très pénible. La sueur coulait de son corps comme des perles même par un jour d’hiver. Quand il est sorti de cet état, il s’est levé en souriant et sa première phrase était : « Ô ‘Aïcha ! Loue Allah qui t’a innocentée ! » Puis ma mère m’a dit : « Lève-toi et vas vers le messager d’Allah (s.a.w.) ! » J’ai répondu : « Par Allah, je n’irai pas vers lui. Je ne remercierai personne excepté Allah ! »

Allah avait en effet révélé ces versets :

إِنَّ الَّذِينَ جَاءُوا بِالْإِفْكِ عُصْبَةٌ مِنْكُمْ

« En vérité, ceux qui inventèrent le mensonge sont un groupe de parmi vous. »

Après la révélation de ces versets Abou Bakr, qui subvenait aux dépenses de Mistah Ibn Outhatha en raison de sa relation avec lui, a déclaré : « Par Allah, je ne donnerai plus jamais un sou à Mistah Ibn Outhatha après ses calomnies sur ‘Aïcha ! »

Puis Allah a révélé :

وَلَا يَأْتَلِ أُولُو الْفَضْلِ مِنْكُمْ وَالسَّعَةِ أَنْ يُؤْتُوا أُولِي الْقُرْبَى وَالْمَسَاكِينَ وَالْمُهَاجِرِينَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَلْيَعْفُوا وَلْيَصْفَحُوا أَلَا تُحِبُّونَ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ

« Et que ceux d’entre vous qui possèdent des moyens et de l’abondance ne jurent pas qu’ils ne donneront point aux parents proches et aux nécessiteux, et à ceux qui ont émigré pour la cause d’Allah. Qu’ils pardonnent et montrent de la tolérance. Ne désirez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? Et Allah est Très-Pardonnant, Miséricordieux. » (24 : 22)

Abou Bakr Al-Siddiq a déclaré : « Oui, par Allah, je souhaite qu’Allah me pardonne. » Il a recommencé à subvenir aux besoins de Mistah. »

‘Aïcha ajoute : « Le messager d’Allah (s.a.w.) a également interrogé Zaynab Bint Jahch sur mon cas. Il lui a demandé : « Que sais-tu d’Aïcha d’après tes observations ? » Elle a répondu : « Ô messager d’Allah (s.a.w.) ! Je m’abstiens de dire ce que je n’ai pas entendu ou vu. ‘Aïcha est chaste selon moi. »

Parmi les épouses du Prophète (s.a.w.), Zaynab était ma concurrente. Mais Allah l’a sauvée de ce mal en raison de sa piété. »

Il s’agit d’un long récit tiré du recueil d’Al-Boukhari.

Le Messie Promis (a.s.) déclare : « Selon sa pratique, Allah relègue les menaces de châtiments quand on fait pénitence, l’on se repent et l’on fait de l’aumône. Il a enseigné les mêmes valeurs à l’homme. Selon le Coran et les hadiths, les hypocrites, dans leur bassesse, ont calomnié ‘Aïcha. Certains compagnons, simples d’esprit, leur ont emboîté le pas. Un de ces compagnons prenait deux repas, quotidiennement, à la table d’Abou Bakr. Suite à son erreur, Abou Bakr a juré et émis l’avertissement qu’il ne lui offrirait plus rien à manger à l’avenir. Sur ce, le verset a été révélé :

وَلْيَعْفُوا وَلْيَصْفَحُوا أَلَا تُحِبُّونَ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ

« Qu’ils pardonnent et montrent de la tolérance. Ne désirez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? Et Allah est Très-Pardonnant, Miséricordieux. »

Abou Bakr a brisé cette promesse et lui a offert son repas comme à l’accoutumée. Annuler une menace qu’on a formulée fait partie des excellences morales islamiques. Si par exemple l’on a promis de frapper cinquante fois son domestique, lui pardonner suite à son repentir fait partie de la Sounnah de l’islam. Ce sera là une manière de copier les qualités d’Allah. Or, l’on ne peut briser sa promesse car l’on aura des comptes à rendre à ce propos. Mais cela n’est pas le cas pour une menace de châtiment. »

Reste à définir ce qu’est une promesse (وعد – Wa’d) et une menace de châtiment (Wa’îd – وعيد). C’est un thème que j’ai abordé dans le passé.

J’évoquerai maintenant la bataille d’Al-Ahzab qui a eu lieu au cours du mois de Chawwal en l’an 5 de l’Hégire. Il s’agit de la troisième grande bataille entres les Qouraychites de La Mecque et les musulmans. On la nomme aussi la Ghazwat Al-Khandaq (la bataille du fossé). Cette bataille a eu lieu au cours du mois de Chawwal en l’an 5 de l’Hégire. Étant donné que les Qouraychites, les Juifs de Khaybar et de nombreux groupes avaient marché sur Médine, le Saint Coran donne le nom d’Al-Ahzab à cette bataille : c’est-à-dire la Ghazwah d’Al-Ahzab. Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a exilé la tribu juive des Banou Nadhir, ils se sont réfugiés à Khayber. Certains de leurs nobles et dignitaires sont partis à La Mecque où ils ont rallié les Qouraych et les a persuadés à affronter le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Ils ont conclu un accord avec les Qouraychites : ils ont tous convenu de livrer bataille contre le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et ont fixé pour cela une date. Les gens des Banou Nadhir ont quitté les Qouraych pour se rendre chez les tribus de Ghatfan et de Soulaym et ont conclu un accord similaire avec eux ; puis ils les ont quittés. Les Qouraychites étaient prêts. Ils ont rassemblé différentes tribus et les Arabes qui étaient leurs alliés : ils étaient en tout quatre mille. Abou Soufyan Ibn Harb était leur chef. En cours de route, les membres d’autres tribus ont également rejoint l’armée. Ainsi le nombre total de cette armée était dix mille.

Quand l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a reçu la nouvelle de leur départ de La Mecque, il a convoqué ses compagnons pour les informer au sujet de l’ennemi et les a consultés. C’est alors que Salman le Persan a suggéré de creuser un fossé ; et son opinion a plu aux musulmans. À l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), le côté nord de Médine était ouvert. Sur les trois autres côtés, il y avait des résidences et des oasis à travers lesquelles l’ennemi ne pouvait pas passer. La décision a été prise de creuser le fossé sur la partie ouverte. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a commencé à creuser la tranchée avec 3 000 musulmans. Il creusait la tranchée avec d’autres musulmans pour les encourager. Elle a été creusée en six jours. La longueur de cette tranchée était d’environ cinq kilomètres et demi. Abou Bakr (r.a.) est resté avec le Saint Prophète. En creusant la tranchée, Abou Bakr (r.a.) avait l’habitude de porter la terre dans ses vêtements et il a également travaillé avec le reste des compagnons pour creuser la tranchée afin que les travaux puissent être achevés dans les délais les plus brefs. Tous les musulmans, sans exception, ont participé dans les travaux. Lorsque Abou Bakr (r.a.) et ‘Oumar ne pouvaient pas trouver les paniers, ils plaçaient à la hâte la terre dans leurs vêtements. Ils ne seraient séparés l’un de l’autre dans aucun travail ou voyage. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a travaillé dur pour creuser des tranchées : parfois avec une houe, parfois en soulevant de la terre avec une pelle et parfois avec un panier. Un jour qu’il était très fatigué, il s’est assis, et, s’étant appuyé contre un rocher sur son côté gauche, il s’est endormi. Abou Bakr (r.a.) et ‘Oumar (r.a.) se tenaient à sa tête et empêchaient les gens de passer à côté de lui afin qu’ils ne le réveillassent pas.

Abou Bakr dirigeait une section de l’armée musulmane quand l’armée de dix mille Qouraychites et leurs alliés ont assiégé les musulmans de Médine. Plus tard, une mosquée a été construite à l’endroit où Abou Bakr avait servi de commandant : on l’appelait la mosquée Al-Siddiq.

Incha Allah, à l’avenir [je] présenterai d’autres points à ce propos.

Je voudrais à présent mentionner quelques personnes qui sont décédées récemment.

La première se nomme Mme Mubarika Begum: elle était l’épouse de M. Mukhtar Gondal. Elle est décédée le 11 janvier à l’âge de 93 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle était la belle-fille de Chaudhry Ghulam Muhammad Gondal Sahib, un compagnon du Messie Promis (r.a.). Elle était très enthousiaste à servir la Jama’at. Elle a également servi de Sadr Lajna de son village Chak 99 Nord. Elle était une femme pieuse et sincère qui se consacrait au jeûne et à la prière. Elle avait enseigné le Saint Coran aux enfants et aux adultes de tous âges. Elle était Moussia. Elle laisse derrière elle cinq fils et trois filles. Son fils, M. Iftikhar Ahmad Gondal, est missionnaire en Sierra Leone. Elle était la grand-mère du missionnaire, M. Fuad Ahmad. En outre, il y a plusieurs autres missionnaires parmi ses petits-enfants. Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et accepte ses prières pour ses descendants.

La deuxième personne se nomme M. Mir Abdul Waheed : il est décédé dans la nuit du 12 au 13 janvier. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Il avait 58 ans. L’Ahmadiyya a été introduite dans sa famille par son arrière-grand-père qui se nommait Mir Ahmad Din Sahib, qui avait accepté l’Ahmadiyya en 1911 à l’époque du premier Calife. Il était le seul ahmadi de sa famille. Shaikh Allah Baksh de Bannu, son grand-père maternel, est celui qui a introduit l’Ahmadiyya dans la famille de sa mère. Le grand-père d’Abdul Waheed, le défunt, se nommait M. Abdul Karim. Il aimait beaucoup prêcher, c’est pourquoi son grand-père était connu sous le nom de Maulvi Abdul Karim à Peshawar. Il faisait beaucoup d’études personnelles et possédait sa propre bibliothèque. En 1974, lorsqu’une délégation s’était présentée à l’Assemblée nationale sous la direction du troisième Calife, on avait eu besoin de quelques livres rares : on les a trouvés dans sa bibliothèque. Ceci a été rapporté par son beau-frère. Le 9 septembre 2020, une plainte a été déposée contre la famille de Mir Abdul Waheed en vertu de l’article 295C : il a été faussement accusé de blasphème. Les mollahs et le public ont encerclé sa maison, mais la police a réussi à le faire sortir avec sa famille et les ont emmenés à Rawalpindi.

Quelques jours plus tard, la police a fait une descente dans sa maison à Rawalpindi et a arrêté son fils Abdul Majeed. Allah a béni Mir Abdul Waheed de deux fils et une fille. Abdul Majeed Sahib, un de ses fils que je viens de mentionner, a été arrêté et il est en prison pour la cause d’Allah. Il était toujours en prison quand son père est décédé. Il n’a pas pu participer aux funérailles. Qu’Allah accorde Son pardon au défunt et accorde patience et courage à sa famille. Son fils qui est incarcéré a environ vingt ans. Qu’Allah fasse qu’il soit libéré au plus vite.

La troisième personne se nomme Syed Waqar Ahmed, qui était aux États-Unis. Il est décédé le 17 janvier à l’âge de 58 ans en raison d’une crise cardiaque. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. L’épouse de Waqar Ahmed Khan, est la fille de la petite-fille maternelle de Hazrat Mirza Bashir Ahmed Sahib et la fille de la petite-fille paternelle de Hazrat Mirza Sharif Ahmed Sahib. En ce sens, elle appartient à la famille du Messie Promis (paix sur lui). Elle s’est mariée avec Shah Sahib dans cette famille.

Shazia Khan, l’épouse du défunt déclare : « Hazrat Khalifatul Masih IV m’avait demandé de prier pour mon mariage. Ensuite, après mes prières, quand j’ai accepté la proposition, Hazrat Khalifatul Masih IV a donné son aval pour le mariage. Autrement dit, Hazrat Khalifatul Masih IV avait arrangé ce mariage. » Elle écrit : « Waqar Sahib a attrapé mon doigt et m’a conduit dans nos 33 ans de vie conjugale. Il prenait soin de chaque besoin et désir. Il était un père hors pair. Il n’a jamais rien fait pour lui-même et était un homme simple. Il n’avait aucun désir et s’il en avait, il le sacrifierait pour sa famille. Elle dit que le plus beau jour pour moi a été lorsqu’il a fièrement dit à quelqu’un : Quand je me rends à la mosquée, je répète mon vœu : il n’y a rien de plus important pour moi que de respecter ce vœu. Je peux tout sacrifier pour ce serment. » Il ne s’agit pas de paroles en l’air. Je l’ai vu et je le sais. Lorsqu’il est passé par une dure épreuve, il a passé ce serment d’accorder priorité à la religion sur le monde, sans se soucier d’aucune relation. Il ne s’est jamais écarté de l’obéissance due au Califat.

Elle relate : « Il faisait preuve d’obéissance même en ce qu’il n’avait pas compris, en disant : Notre tâche est d’obéir. Il était très reconnaissant et m’encourageait aussi à faire preuve de gratitude. Il n’a jamais manqué de faire des sacrifices financiers. »

Aziz Syed Adil Ahmed, son fils, est maintenant un missionnaire. Il a eu son diplôme de Shahid de la Jamia Ahmadiyya du Canada. Il déclare : « Par la grâce d’Allah, mon père était une personne simple et sincère. Il ne s’est jamais soucié de sa personne. Il se souciait uniquement des besoins de notre mère et de ses enfants. Il n’achetait rien de bon pour lui-même : il fallait souvent lui rappeler de dépenser également sur sa personne. Il avait un grand respect pour les missionnaires et le Nizam de la Jama’at. »

Mahmood Ahmad Khan, son beau-père, qui est le petit-fils maternel de Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib et petit-fils paternel de Hazrat Nawab Mubarak Begum Sahib écrit : « Waqar – c’est-à-dire son gendre – était un homme très gentil et hospitalier. Jamais il ne s’est mis en colère : peu importe le nombre d’invités et quoi qu’il arrive. Au début, je me souviens qu’il avait l’habitude de taquiner son fils Adil en raison de son insouciance. Mais quand Adil a dédié sa vie, il a complètement changé et a fait preuve de dignité. Cet enfant lui était le plus proche et le défunt a fait montre d’un grand respect à son égard et à l’honorer. »

Munir Ahmed Sahib, l’ancien Emir de la Jama’at d’Abou Dhabi écrit : « Waqar Sahib travaillait à Abou Dhabi où il habitait avec sa famille, et il avait également établi des relations proches avec nous. Au niveau professionnel, il travaillait dans une banque. Sa simplicité et son humilité étaient ses qualités principales. Il était profondément attaché à la Jama’at et au Nizam. Il éprouvait un grand amour à l’égard du Califat et lui vouait une obéissance indéfectible. Jusqu’à son départ pour les Etats-Unis, il a offert sa résidence pour les besoins de la Jama’at avec un énorme enthousiasme : elle était utile pour la prière du vendredi et d’autres réunions. Il a également pu travailler comme auditeur interne de la Jama’at. »

Syed Hashim Akbar a écrit quant à lui : « J’ai travaillé avec lui et je l’ai toujours trouvé sociable et dévoué au service de l’humanité. » Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde. Qu’il permette à ses enfants d’accomplir de bonnes œuvres et qu’Il accepte ses prières en faveur de ses enfants. Après les prières [de Joum’ouah et d’Asr], je dirigerai les prières funéraires de tous les défunts, Incha Allah.


(Le site www.islam-ahmadiyya.org prend l’entière responsabilité de la publication du texte de ce sermon)

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